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Archives de la catégorie ‘Astrobiologie/ Exobiologie’

La Vie serait venue de l’Espace

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René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

Edito : La Vie serait venue de l’Espace

Jeudi, 07/03/2019 – 23:000

Je reviens cette semaine sur une question passionnante que nous abordons régulièrement dans RT Flash et qui vient d’être relancée par plusieurs découvertes récentes : celle du rôle de l’Espace dans l’apparition et la propagation de la vie.

Il y a 50 ans, les astrophysiciens découvraient les premières molécules polyatomiques dans l’Espace : l’eau, l’ammoniac NH3, le formaldéhyde H2CO. L’accès à la frange des ondes millimétriques et submillimétriques, à partir des années 1970, allait ensuite permettre la découverte d’une véritable moisson de molécules interstellaires, plus de 180 identifiées à ce jour…

En 2012, une équipe de chercheurs danois du Niels Bohr Institute, dirigée par l’astronome Jes Jorgensen, est parvenue à détecter, grâce au super-télescope ALMA, la présence de sucre – un élément considéré comme l’une des briques élémentaires de la vie – à proximité du système binaire d’étoiles IRAS 16293-2422, situé à 400 années-lumière de la Terre (Voir The Astrophysical Journal Letters). Le sucre détecté est un  glycolaldéhyde, composé de deux atomes de carbone, deux d’oxygène et quatre d’hydrogène (C2H4O2). Fait très intéressant, ce sucre est l’un des composants de l’acide ribonucléique (ARN), lui-même proche parent de l’ADN. Bien que ce type de molécule ait déjà été décelé dans l’espace interstellaire, jamais ce type de molécule n’avait été repéré à proximité d’une jeune étoile, dans le disque de gaz et de poussière où naissent les planètes.

En juin 2017, une équipe internationale de recherche a découvert grâce, une fois encore, au radiotélescope ALMA (Atacama Large Millimiter/submillimeter Array) situé au Chili, que les proto-étoiles de ce même système IRAS 16293-2422, produisaient d’autres  molécules nécessaires à l’apparition de la vie, et notamment de l’isocyanate de méthyle, un composé organique impliqué dans la synthèse d’acides aminés. Cette découverte est capitale car jamais cette molécule n’avait encore été détectée dans de jeunes étoiles en formation. En outre, ce système IRAS 16293-2422 ressemble beaucoup à la nébuleuse qui a donné naissance à notre système solaire. La détection de ces molécules prébiotiques vient donc éclairer d’une lumière nouvelle la question des conditions d’émergence de la vie sur Terre.

Enfin, il y a quelques jours, des chercheurs de l’Université Queen Mary de Londres, en travaillant sur les données issues du télescope ALMA, ont découvert, toujours à proximité de ces mêmes proto-étoiles du système IRAS 16293-2422, la présence de glycolonitrile (HOCH2CN), une molécule prébiotique organique qui existait avant l’émergence de la vie (Voir Queen Mary University of London).

Cette découverte constitue un nouveau pas important en avant pour l’astrochimie prébiotique, car le glycolonitrile est un précurseur essentiel de la formation de l’adénine, l’une des bases nucléiques formant à la fois l’ADN et l’ARN chez les organismes vivants. « Nous avons montré que cette importante molécule prébiotique peut être formée dans le matériau à partir duquel les étoiles et les planètes émergent, ce qui nous rapproche encore plus des processus ayant conduit à l’origine de la vie sur Terre » a déclaré l’auteur principal de l’étude, Shaoshan Zeng, de l’Université Queen Mary.

En juillet 2017, une équipe internationale de recherche, dirigée par Chin-Fei Lee de l’Institut d’astronomie et d’astrophysique de l’Académie Chinoise à Taïwan, a détecté, toujours grâce à l’extraordinaire sensibilité du réseau d’antennes d’ALMA, des molécules organiques complexes, essentielles à l’apparition de la vie, dans le disque de gaz et de poussières entourant Herbig-Haro 212, une toute jeune étoile en cours de formation, qui se situe à environ 1300 années-lumière dans la constellation d’Orion.

Ces scientifiques ont identifié, autour de cette étoile âgée de seulement 40.000 ans, la présence d’amides et d’alcools, composants de base pour de nombreuses biomolécules comme les sucres et les acides aminés. Là encore, c’est la première fois que ce type de molécule est découvert autour d’une étoile aussi jeune.

Il y a quelques mois, une équipe d’astronomes s’appuyant sur le Green Bank Telescope, en Virginie-Occidentale, a pour sa part identifié, dans la constellation du Taureau, à 430 années-lumière de la Terre, les signatures de la molécule benzonitrile (C6H5CN), présente dans une masse de gaz et de poussière appelée nuage moléculaire 1 du Taureau. La molécule de benzonitrile possède une structure hexagonale à six atomes de carbone appelée benzène. Elle appartient à la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques, ou HAP, un type de molécule connue pour sa très grande stabilité, ce qui lui permet de résister pendant de très longues périodes aux conditions extrêmes qui règnent dans l’Espace (Voir Scientific American).

En juin 2016, une autre équipe de scientifiques américains utilisant de nouveaux radiotélescopes extrêmement sensibles a découvert la première molécule chirale, l’oxyde de propylène (CH 3 CHOCH 2) qui n’est pas interchangeable, un peu comme la chaussure du pied droit et celle du pied gauche. La chiralité est une propriété fondamentale dans les structures des molécules organiques et les processus biologiques. Cette molécule a été trouvée dans un vaste nuage de poussière et de gaz près du centre de la Voie Lactée, notre galaxie (Voir NRAO). « C’est la première molécule détectée dans l’espace interstellaire qui possède cette propriété de chiralité, essentielle pour l’apparition de la vie, ce qui constitue une étape majeure dans la compréhension de la manière dont les molécules prébiotiques sont fabriquées dans l’univers et peuvent ensuite s’assembler et se combiner pour former des organismes vivants », a déclaré Brett McGuire, l’un des chercheurs à l’Observatoire national de radioastronomie (NRAO) à Charlottesville, en Virginie.

Parallèlement à ces découvertes majeures concernant la présence d’une chimie prébiotique complexe et abondante dans le Cosmos et l’espace interstellaire, les avancées scientifiques se sont également multipliées depuis quelques années dans la recherche de possibles formes de vie élémentaire au sein de notre système solaire. En février 2017, les données transmises par la sonde Dawn ont prouvé la présence de molécules organiques sur la planète naine Cérès, située dans la ceinture principale d’astéroïdes orbitant autour de notre soleil entre Mars et Jupiter (Voir article Science). Ces molécules organiques, constituées de longues chaînes carbonées, ont été principalement retrouvées sur une surface de 1000 kilomètres carrés autour du cratère Ernutet, situé dans l’hémisphère nord de Cérès. Cette découverte est d’autant plus importante que les scientifiques pensent que ces molécules organiques ont bien été produites sur la planète et ne proviennent pas d’un impact avec un météorite ou une comète.

Autre découverte importante : en juillet 2017, une équipe d’astronomes américains dirigés par Maureen Palmer a découvert, grâce à la sonde Cassini, des molécules carbonées chargées négativement dans la haute atmosphère de Titan, la plus grande lune de Saturne. En dépit d’une température moyenne de -180°, Titan possède, dans son atmosphère composée d’azote et de méthane une chimie très complexe, rendue possible par l’énergie fournie par les particules solaires et les particules de la magnétosphère de Saturne. Toujours en juillet 2017, la sonde Cassini a également détecté la présence de cyanure de méthyle, un composé chimique susceptible de constituer des membranes stables et flexibles de cellules vivantes adaptées aux conditions très particulières qui règnent sur ce satellite.

Cette présence de cyanure de vinyle en grande quantité a été confirmée par le radiotélescope ultrasensible ALMA. La NASA prépare actuellement son projet Dragonfly, visant à lancer en 2024 une mission d’exploration robotique vers Titan. Cette mission devrait permettre, à l’horizon 2038, d’explorer en détail la surface de Titan, et son atmosphère à l’aide d’un robot-drone spécialement conçu pour évoluer dans l’environnement pour le moins extrême de cette fascinante lune de Saturne.

En mars 2018, une équipe internationale de recherche dirigée par Sanjay Limaye, planétologue à l’Université du Wisconsin, a publié une étude qui n’exclut pas la possibilité de l’existence de formes de vie microbienne dans la haute atmosphère de Vénus, entre 40 et 60 km d’altitude, une zone où règnent des conditions thermiques et biochimiques compatibles avec la vie (Voir University of Wisconsin-Madison News).

Ces chercheurs sont très intrigués par la présence, à l’intérieur des nuages de Vénus, de curieuses taches sombres, détectées dans le spectre ultraviolet, et qui pourraient être constituées de nappes de bactéries extrêmophiles. Ces dernières se seraient adaptées aux conditions très sévères de leur environnement, comme ont su parfaitement le faire leurs homologues sur Terre, que l’on retrouve parfois dans l’atmosphère, à plusieurs dizaines de km au-dessus des geysers de Yellowstone, aux Etats-Unis… Une mission d’exploration de la NASA, reposant sur l’envoi d’une sonde, puis d’un avion gonflable (Venus Atmospheric Maneuverable Platform) pouvant voler un an dans l’atmosphère de Venus, devrait permettre d’ici une dizaine d’années de détecter l’éventuelle existence de ces étranges formations microbiennes vénusiennes…

Autre découverte particulièrement intéressante : en juin 2018, des scientifiques dirigés par le planétologue allemand Frank Postberg ont identifié, en analysant les dernières données transmises par la sonde Cassini, la présence sur Encelade (petite Lune de Saturne) de macromolécules organiques complexes, composées d’une centaine d’atomes dont au moins 15 atomes de carbone ainsi que des atomes d’azote et d’hydrogène. « Des molécules d’une taille aussi importante peuvent être créées par des processus chimiques complexes, comme ceux associés à la vie, ou venir de matériaux primordiaux contenus dans certaines météorites », souligne la Nasa. La présence de molécules organiques aussi complexes dans cet environnement a priori peu propice à la vie résulterait d’une cascade de réactions chimiques entre le coeur rocheux d’Encelade et l’eau chauffée par des cheminées hydrothermales similaires à celles qu’on peut trouver dans les fonds océaniques terrestres (Voir NASA JPL).

Il est frappant de constater que de nombreuses études et analyses réalisées depuis une dizaine d’années, grâce aux nouveaux outils d’observation spatiale, et à partir des nombreuses données transmises par les différentes missions d’exploration spatiale lancées dans notre système solaire, sont venues conforter l’hypothèse d’une possible apparition de la vie (à un stade rudimentaire) sur d’autres planètes que la Terre. Mais ces travaux scientifiques ont également, et de manière encore plus surprenante, montré que l’espace interstellaire recelait, en grande quantité, de très nombreuses molécules complexes nécessaires à l’apparition de la vie, telle que nous la connaissons.

Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke, au Québec, ont réalisé, fin 2017, une remarquable expérience qui montre que certaines molécules organiques constituant les éléments constitutifs de la vie pourraient se développer sur des surfaces glacées soumises à des radiations dans le vide. Ces chercheurs ont créé des fines couches de glace contenant du méthane et/ou de l’oxygène, avant de les irradier avec des faisceaux d’électrons (Voir AIP).

Ils ont alors pu observer l’apparition de nombreuses molécules, telles que l’acide acétique, le formaldéhyde, le méthanol l’éthanol, le propylène, l’éthane et l’acétylène, qui se sont développées dans des films de méthane et d’oxygène congelés.

Une autre équipe américaine de l’Ames’ Astrophysics and Astrochemistry La en Californie, a publié en décembre dernier une étude aux conclusions passionnantes qui confortent les conclusions de l’équipe de Sherbrooke (Voir Nature). Ces chercheurs ont introduit un mélange gazeux de vapeur d’eau et de méthanol dans une chambre avec un vide poussé de 10-8 millibars où des températures de 4 à 15 K peuvent être reproduites. La glace ainsi obtenue a été bombardée par des photons UV similaires à ceux des jeunes étoiles dans les nuages interstellaires. Les chercheurs ont alors constaté que cette glace contenait du 2-désoxyribose, un pentose dérivé du ribose, et qui constitue la charpente de l’acide désoxyribonucléique, c’est-à-dire l’ADN, alors que le ribose est la charpente de l’ARN. Cette découverte confirme la présence d’acides aminés et d’une véritable base azotée de l’ADN dans des météorites.

Signalons, pour terminer ce trop court tour d’horizon concernant la moisson de découvertes récentes dans les domaines de l’astrophysique et de l’exobiologie qu’en février 2018, des chercheurs américains ont pu confirmer que l’explosion des étoiles en supernovæ  propulse dans l’espace des quantités astronomiques de matières, dont celles nécessaires à la fabrication de l’ADN. En observant du télescope Chandra le nuage de matière Cassiopée A, résultat de l’explosion d’une supergéante rouge, à 11 100 années-lumière de la Terre, ces chercheurs ont réussi à détecter la nature, mais également la quantité d’éléments projetés dans l’Espace par l’onde de choc de cette gigantesque explosion. Ils ont alors eu la surprise d’identifier la présence de silicium, de sulfure, de calcium, de fer et d’oxygène. Les scientifiques ont ensuite déterminé que l’explosion de la supernova avait expulsé des quantités proprement phénoménales d’éléments chimiques nécessaires à la constitution de molécules d’ADN et à l’apparition de la vie : l’équivalent de 20 000 fois la masse de la Terre en silicium, 10 000 masses terrestres de sulfure, 70 000 de fer, mais aussi près d’un million de masses terrestres d’oxygène.

Grâce à cette moisson extraordinaire d’observations de découvertes scientifiques réalisée au cours de ces dix dernières années, notre regard sur le Cosmos, mais également sur le vivant, a radicalement changé. Contrairement à ce que nous avons longtemps pensé, il semble en effet que les conditions nécessaires, sinon suffisantes, à l’émergence de la vie telle que nous les connaissons, existent un peu partout dans l’Univers, non seulement sur un grand nombre de planètes, d’astéroïdes et de comètes, mais, de manière beaucoup plus étonnante dans le vide interstellaire.

À mesure que se dévoilent les lois extraordinairement précises et subtiles qui gouvernent notre Univers, nous découvrons qu’il semble bien exister un continuum qui va du big-bang, il y a 13,7 milliards d’années, à l’apparition de structures physiques et chimiques de plus en plus complexes, pour aboutir finalement, au moins sur notre Terre, à cet extraordinaire événement que fut l’apparition de la vie, il y a un peu moins de 4 milliards d’années.

A la lumière de ce nouveau paysage cosmique totalement renouvelé par ces récentes avancées de la connaissance, la position scientifique et philosophique consistant à croire que l’apparition de la vie est un phénomène si improbable et si « miraculeux » qu’il n’a eu probablement lieu que sur notre planète, semble de moins en moins tenable. À partir du moment où il apparaît que la plupart des composants chimiques complexes nécessaires à l’apparition de la vie sont produits en grande quantité, un peu partout dans l’Univers, il devient possible de poser raisonnablement l’hypothèse que la vie a dû presque nécessairement apparaître ailleurs que sur Terre, même si notre niveau technologique actuel ne nous permet pas encore – compte tenu des distances immenses qui nous séparent des autres étoiles – de la détecter avec certitude.

On sait à présent qu’il y a dans notre seule galaxie, la Voie Lactée, environ 140 milliards d’étoiles et, entre 240 milliards et 1000 milliards de planètes, selon les estimations. Quant aux galaxies, leur nombre dans l’Univers observable dépasserait les 2000 milliards (un nombre également considérablement réévalué au cours de ces dernières années, grâce aux progrès des techniques d’observation et de calcul). Confrontés à cette nouvelle réalité cosmique vertigineuse et à cette présence foisonnante de molécules prébiotiques dans l’Univers, la question qui se pose n’est plus de savoir si l’on trouvera une vie extraterrestre, mais quand, et bon nombre de scientifiques sont aujourd’hui persuadés que cette découverte, qui serait la plus importante et la plus bouleversante de toute l’histoire de l’Humanité, a de bonnes chances d’avoir lieu avant la fin de ce siècle…

Mise à jour Mise  à jour, le : 08/03/2019 à 12h05.

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zones habitables, exobiologie.

La zone en rouge représente la zone d’espace-temps où les explosions de supernovae sont trop nombreuses et dangereuses (très proche du centre galactique il y a entre 6 et 12 milliards d’années).
La zone en bleu claire représente la zone d’espace-temps où il y a trop peu d’éléments lourds nécessaires à la formation des planètes telluriques (cette zone devient de plus en plus faible au fur et à mesure de l’évolution de notre galaxie, pour se limiter à sa périphérie de nos jours).
La zone grise représente la zone d’espace-temps où la vie n’a pas encore eu le temps de se développer jusqu’à l’intelligence (soit toutes les étoiles dont l’âge ne dépasse pas 3,6 milliards d’années);
La zone verte qui est la plus intéressante (formant une sorte de cacahuète). On se rend compte que le Soleil est au sommet de cette cacahuète verte (cela signifie que une étoile jeune) et qu’en dessous de lui, la zone verte est plus importante (cela signifie que la majorité des étoiles biogènes sont plus anciennes que notre Soleil).
crédit graphique et explication:
isclosart.canalblog.com/

La NASA a découvert que les planètes orbitant autour de naines rouges et situées en zone habitable tendent à perdre leur oxygène

Article source: trustmyscience.com/

Une étude de la NASA dévoile que les planètes orbitant autour de jeunes naines rouges et qui sont situées dans les zones habitables de ces dernières, perdraient leur oxygène plus facilement qu’en présence d’une étoile hôte plus âgée.
Suite

rainbow

Mise à jour Médiathèque et index ufologique et spatial, le: 08/03/2017 à : 11h40.

mediatheque

Les voies de synthèse des acides aminés dans les environnements extraterrestres

Voies moléculaires de formation d’acides aminés à partir du milieu interstellaire jusqu’aux astéroïdes et aux noyaux des comèteshttp://www.exobiologie.fr

Voies moléculaires de formation d’acides aminés à partir du milieu interstellaire jusqu’aux astéroïdes et aux noyaux des comètes
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SFE

Par Grégoire Danger, laboratoire de Physique des Interactions Ioniques et Moléculaires (PIIM)

Quelle pourrait-être l’origine des molécules constitutives des systèmes biochimiques présents au sein des écosphères terrestres ? L’expérience de Miller a montré qu’au sein d’une atmosphère qui aurait pu être celle de la Terre Primitive, en partant simplement de méthane, d’ammoniac et d’eau soumis à des décharges électriques, il est possible de former des molécules d’intérêt prébiotique important comme les acides aminés. D’autres environnements, tels que les systèmes volcaniques ou hydrothermaux sont aussi présentés comme des sources potentielles de matières organiques et d’énergie, premier stade vers l’émergence de systèmes chimiques prébiotiques.

Qu’en est-il des apports exogènes ? Il est reconnu que la terre peut être enrichie en matière organique par des apports extérieurs. Un des meilleurs exemples est la découverte actuelle de météorites à la surface de notre planète, ces objets étant des reliquats de la matière interplanétaire. L’analyse de ces météorites montre que pour certaines d’entre elles, une quantité non négligeable d’acides aminés peut être détectée. Ces détections d’acides aminés sont d’autant plus intéressantes que pour certains d’entre eux, des excès énantiomériques ont été observés en faveur de leur configuration L, une configuration identique aux acides aminés constituant les protéines du vivant. Il est ainsi tentant d’établir un lien entre la matière organique exogène, et notamment les acides aminés, et la matière organique constitutive des systèmes biochimiques. Mais par quelles voies chimiques ont pu se former ces acides aminés, alors qu’à première vue, les environnements astrophysiques sont particulièrement inhospitaliers ? En ce qui concerne les acides aminés détectés au sein des météorites, plusieurs voies de formation sont proposées. Les rapports isotopiques des acides aminés alpha-hydrogénés montrent notamment que ces composés chimiques ont pu être formés à basse température via la réaction de Strecker, une réaction déjà proposée comme prépondérante pour la formation des acides aminés formés lors des expériences de Miller.

L’équipe Astrochimie du laboratoire de Physique des Interactions Ioniques et Moléculaires de Marseille a continué ces investigations concernant la possibilité de former des acides aminés, ou certains de leurs précurseurs, à basse température (10K à 300K) et basse pression (10-8 mbar), conditions simulant l’évolution d’un grain interstellaire ou cométaire. En réchauffant un mélange de formaldéhyde (CH2O), d’ammoniac (NH3) et de cyanure d’hydrogène (HCN) préalablement déposé à 40K, ils ont montré que la première étape de Strecker (formation de l’aminoalcool, ici l’aminométhanol NH2CH2OH) qui mène à la formation de la glycine, était en compétition avec la formation des hydroxynitriles, qui ici est en l’occurrence l’hydroxyacétonitrile (HOCH2CN). Les hydroxyacétonitriles sont des précurseurs d’hydroxyacides, ces derniers étant aussi détectés au sein des météorites et présentés comme une preuve de la formation des acides aminés via la réaction de Strecker. Ces résultats montrent qu’une importante et complexe peut avoir lieu à la surface des grains interstellaires et cométaires. De plus, ces résultats vont dans le sens d’une formation des précurseurs des acides aminés météoritiques à basse température, et qu’une grande variété d’environnements astrophysiques peuvent mener à la formation de ces composés, allant de la surface des grains interstellaires dans les zones froides du milieu interstellaire, jusqu’au sein d’objets interplanétaires que sont les comètes et les astéroïdes.

Pour en savoir plus :

Danger G, Duvernay F, Theulé P, Borget F, and Chiavassa T. (2012) Hydroxyacetonitrile (HOCH2CN) Formation in Astrophysical Conditions. Competition with the Aminomethanol, a Glycine precursor. The Astrophysical Journal, 756, 11. (article complet, accès soumis à conditions)

un précurseur d’un acide aminé découvert dans l’espace

Article source:http://www.futura-sciences.com

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences

Le 31 mars 2008 à 17h31

Dans le célèbre nuage interstellaire Sagittarius B2, les astronomes de l’Institut Max Planck de Radioastronomie à Bonn(Allemagne) viennent de découvrir ce qui pourrait être le précurseur de laglycine, l’un des acides aminés de la vie terrestre. Bien qu’ils soient présents dans les météorites, ces composés, briques des protéines, n’ont toujours pas été détectés dans les nuages moléculaires.

Sagittarius B2 (Sgr B2) est un nuage moléculaire géant de gaz et de poussières qui se trouve à environ 120 parsecs du centre de la Voie Lactée. C’est l’un des plus grands dans la Galaxie, couvrant une région de 45 parsecs de diamètre. La masse totale de Sgr B2 est estimée à 3 millions de fois la masse du Soleil avec une densité moyenne de 3.000 atomesd’hydrogène par cm3, soit une densité environ 20 à 40 fois plus élevée que dans un nuage moléculaire typique.

Sa structure interne est complexe, avec trois grands cœurs, désignés parNord (N), Milieu (M) et Sud (S) avec des valeurs de densités et de températures différentes. Sgr B2 (N) représente le noyau nord et les noyaux Sgr B2 (M) et Sgr B2 (N) sont des sites de formation d’étoiles massives.

Les températures dans le nuage peuvent varier de 300 K à 40 K selon la distance à laquelle on se trouve des lieux où des étoiles se forment. Les températures moyennes et la pression dans Sgr B2 sont donc faibles et la vitesse des réactions chimiques y est extrêmement lente. Toutefois, Sgr B2 est en réalité très riche en molécules organiques complexes se formant dans la gangue de glace entourant des poussières silicatées, à tel point que presque la moitié de toutes les  molécules interstellaires connues ont d’abord été trouvées dans Sgr B2 !

Figure 1. Cliquez pour agrandir. Le cycle du milieu interstellaire produit des noyaux lourds et des molécules complexes qui seront amenés plus tard par lescomètes et les météorites sur des planètes où la vie peut apparaître. Crédit : Bill Saxton, NRAO/AUI/NSF

On sait aujourd’hui que le milieu interstellaire est aussi complexe qu’un écosystème terrestre avec de nombreux cycles (voir figure 1). Ainsi, c’est dans les nuages moléculaires denses et froids que se forment les jeunes étoiles. Certaines d’entres elles évolueront vite et exploseront ensupernovae au bout de quelques millions d’années seulement, alors que d’autres vivront plus paisiblement, avec parfois la formation d’un disque protoplanétaire, et finiront leur vie en naine blanche après avoir éjecter de la matière sous forme de nébuleuse planétaire.

Le milieu interstellaire, avec des nuages diffus ou denses, est donc finalement enrichi en éléments lourds et en poussières carbonées et silicatés, sièges d’une chimie moléculaire intense (voir figure 2). Ce milieu à son tour servira de pouponnière pour des amas ouverts de jeunes étoiles en s’effondrant gravitationnellement localement, bouclant ainsi le cycle. Sgr B2 n’a donc comme seule particularité que d’être un lieu où la chimie et la dynamique du milieu interstellaire sont particulièrement faciles à décrypter. Mais ce nuage ne représente aucunement une exception dans la vie de la Voie Lactée.

Figure 2. Quelques-unes des molécules organiques complexes impliquées dans la chimie prébiotique et la cosmochimie. Crédit : R. Ruiterkamp

Les nuages moléculaires comme Sgr B2 sont importants pour les chercheurs qui s’occupent d’exobiologie. On a en effet toutes les raisons de penser que les briques de la vie, comme l’adénine et les acides aminés que l’on trouve dans les météorites, se sont largement formées dans ce genre de nuage.

Mais étrangement, jusqu’à présent, aucun spectre d’acide aminé n’avait été détecté dans le milieu interstellaire. Pourtant, par ce moyen, plus de 140 molécules sont déjà connues, comme l’éthanol, le formaldéhyde, l’acide formique, le glycoaldéhyde (un sucre) et l’éthylène glycol.

Or, avec un radiotélescope de 30 mètres de diamètre dans la Sierra Nevada espagnole (IRAM) et deux réseaux de radiotélescopes en France (IRAM) et en Australie (ATCA), des chercheurs de l’Institut Max Planck de Radioastronomie de Bonn ont détecté pour la première fois une molécule proche chimiquement d’un acide aminé : l’aminoacétonitrile (voir la figure 3). Ce composé possède une structure similaire à celle de la glycine, en laquelle il peut d’ailleurs effectivement se transformer, par une réaction chimique simple, qui pourrait se dérouler dans le milieu interstellaire.

En général, le détection de molécules organiques complexes et longues n’est pas évidente. On connaît pourtant les spectres de raies de nombres d’entre elles, que l’on peut trouver sur une base de données très complète sur les molécules d’intérêt astronomique gérée par le laboratoire de spectroscopie moléculaire de l’université de Cologne. Mais l’intensité des raies émises est faible. Il a donc fallu vérifier les observations du radiotélescope espagnol avec deux réseaux de radiotélescopes, l’interféromètre de l’IRAM sur le Plateau de Bure en France et l’interféromètre Australia Telescope Compact Array en Australie.

Les radioastronomes pensent que la détection d’autres molécules organiques complexes dans Sgr B2 devrait se poursuivre. Avec de la chance, ils verront peut-être enfin la signature spectrale d’un des 20 acides aminés formant les protéines de la vie terrestre.

Liens externe:

Les premiers acides aminés de la vie apportés par les météorites ?

LA VIE : ORIGINE ET DISTRIBUTION POSSIBLE DANS L’UNIVERS 

Des microorganismes survivent au ralenti depuis… 86 millions d’années !

Article source:http://www.futura-sciences.com/

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences

Certains déserts océaniques permettent une pénétration profonde de l’oxygène au sein des sédiments. Une nouvelle étude révèle que des microorganismes enterrés depuis 86 millions d’années ont toujours recours à ce gaz pour survivre, mais ils ont dû réduire leurmétabolisme pour s’accommoder de la faible quantité d’O2disponible. Voici un nouveau cas d’adaptation de la vie aux conditions extrêmes.

Des particules minérales et biologiques précipitent constamment vers le fond des océans depuis des millions d’années. Leurs dépôts forment différentes couches, ou strates, pouvant fournir de nombreuses informations sur l’histoire de la Terre. Les sédiments océaniques abritent également environ 90 % des microorganismes peuplant la Planète, principalement desbactéries. Ils respirent de l’oxygène qui diffuse à partir de l’eau de mer et se nourrissent d’organismes morts tels que des algues.

La plupart du temps, l’intégralité de l’O2 pénétrant les fonds océaniques est consommée dans les 10 premiers centimètres. Les organismes vivant plus profondément doivent avoir recours à d’autres carburants biochimiques. Certaines régions de la gyre du Pacifique nord (1.000 km au nord d’Hawaï), pauvres en éléments nutritifs, abritent peu d’algues. Le taux desédimentation y est donc lent – 1 mm par millénaire. Les bactéries vivant sur le fond recevant peu de nourriture, elles sont moins nombreuses. L’oxygène n’est pas consommé rapidement et peut diffuser plus profondément, parfois sur plusieurs dizaines de mètres.

Hans Røy, de l’université d’Aarhus au Danemark, a voulu déterminer si ladiffusion de l’O2 dans cette région permettait d’assurer la vie au sein de sédiments profondément enfouis. La réponse est affirmative : des communautés de microorganismes installées depuis 86 millions d’années respirent de l’oxygène grâce à un étonnant ralentissement de leur métabolisme. Cette découverte est présentée dans la revue Science.

Un tube similaire à celui-ci a été utilisé pour échantillonner les sédiments. Il est simplement enfoncé dans la boue. À la manière d’une seringue, un gros piston aspire les échantillons. © Bo Barker Jørgensen via Science/AAAS

Un métabolisme lent pour une survie prolongée

Un tube de 30 mètres de long a été utilisé pour extraire un échantillon de sédiments. Chaque strate a ensuite été insérée dans un appareil mesurant la quantité d’oxygène dissout. Les valeurs devant être obtenues en absence de microorganismes étaient connues, une différence avec les mesures indiquent la présence de communauté de microorganismes, consommateurs de l’oxygène. Le taux de consommation moyen de chaque groupe peut également être déterminé.

Des bactéries respirant de l’O2 ont été trouvées jusqu’à 30 mètres de profondeur. Elles auraient été enterrées durant le Crétacé supérieur, du temps des dinosaures. Les communautés de surface consomment 10 micromoles d’oxygène (µM) par litre de sédiment et par an. Leurs homologues emprisonnées depuis 86 millions d’années ont quant à elles un taux nettement inférieur de 0,001 µM par litre et par an, soit 10.000 fois moins. Par comparaison, l’oxygène contenu dans une seule de nosrespirations permettrait de faire vivre les microorganismes contenus dans un mètre cube de sédiment durant… dix ans. Leur nourriture se compose de matériels organiques mais elle est également consommée à une vitesse incroyablement faible.

Ces microorganismes profondément enfouis dans les fonds marins survivent donc grâce à un ralentissement extrême de leur métabolisme. Il est important de déterminer le minimum de ressources requises pour maintenir la vie sur Terre, non seulement pour mieux comprendre le fonctionnement passé et actuel de la Planète, mais aussi, selon plusieurs chercheurs, pour émettre des hypothèses sur le développement de la vie sur d’autres planètes.

Astrobiologie/Exobiologie

Source image:http://astrobioatbrown.blogspot.fr/

Note administration:

La médiathèque et index ufologique et spatial ouvre une page spécifique .

L’exobiologie  ou l’astrobiologie  est une filière d’  interdisciplinarité scientifique , englobant des recherches sur le système solaire,  les exoplanètes, la vie extraterrestre, les bio molécules, les biochimies hypothétiques….

Cette page existe déjà sur investigations ufoetscience, il est primordial que la médiathèque bénéficie aussi de cette particularité essentielle,  aussi bien pour l’aspect purement scientifique, que pour épauler d’une certaine manière  l ‘ufologie aidant ainsi à comprendre et mieux appréhender le monde qui nous entoure d’un point de vue rationnel.

Le but de cette science a pour objet l ‘ étude des facteurs et processus notamment géochimiques et biochimiques pouvant d’une manière générale comprendre l ‘apparition de la vie ainsi que son éventuelle évolution.

Les organismes unicellulaires  et autres micro-organismes ainsi que les marqueurs traces de vie intéressent cette discipline que représente l’exobiologie ou l ‘astrobiologie.Les éléments chimiques trouvés donnent ainsi des indices sur l’origine de la vie sur terre, des théories qui se confondent.Carbone ,  oxygène,  hydrogène, eau …, ces éléments sont recherchés sur d’autres planètes afin de détecter une forme de vie extraterrestre. Se mêlent ou se croisent plusieurs disciplines dont la géologie, tout un ensemble d’investigations que les scientifiques mettent à profit pour explorer la terre,  avant de rechercher le même  genre d’endroit ailleurs que sur notre planète.

Ce reportage ( youtube) que l’administration vous propose va dans le sens de vous faire découvrir cette discipline .

Vidéo youtube

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