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25 février 1942
« La bataille de Los Angeles »

Résumé des faits :

Pendant la nuit du 24 au 25 février 1942, des objets non identifiés ont causé une panique sans précédent en Californie et plus particulièrement à Los Angeles. Les batteries anti-aériennes ont même ouvert le feu, l’armée croyant à une attaque.

Les tentatives pour aboutir à une explication de cet incident sont rapidement devenues aussi mystérieuses que les observations elles-mêmes. La Marine a immédiatement insisté sur le fait qu’il n’y avait aucune preuve de la présence d’avions ennemis, et le Secrétaire d’État, Knox, annonça dans une conférence de presse le 25 février que l’incursion n’était juste qu’une fausse alerte. À la même conférence il admis que des attaques étaient toujours possibles et a précisé que les industries vitales situées le long de la côte allaient être déménagées à l’intérieur des terres.

À la fin de la guerre, les Japonais ont déclaré ne pas avoir envoyé d’avions au-dessus du secteur

En 1983 paraissait « The Army Air Forces in World War II », et plus particulièrement « The History of the 4th AA Command, Western Defense Command« , document déclassifié et disponible à la N.A.R.A (US National Archives & Records Administration).
Ce document relate officiellement ce qui s’est passé dans la nuit du 24 au 25 février 1942.

Vous trouverez ci-dessous des extraits traduits de ce document, ainsi que l’article du Los Angeles Times du 26 février 1942 relatant l’évènement

TRADUCTION
 

Les « Renseignements » de la Marine à Los Angeles rapportèrent que dans la soirée du 24 février vers 19h00 il fallait s’attendre à une attaque dans les dix heures qui suivaient. A partir de cet instant les Quartiers Généraux de la 37ème Brigade reçurent un très grand nombre de rapports concernant des fusées de signalisation et des feux clignotants proches des installations de défense et des gisements de pétrole. Le Commandement du 4ème Intercepteur ordonna que la côte allant de Monterrey jusqu’à la frontière du Mexique soit mise en Alerte Jaune jusqu’à 22h23, puis elle revint en alerte blanche.

À 01h44 un Radar SCR 268 (3-T-4) intercepta une cible aérienne non identifiée (confirmé par deux 270s). A 02h00 le Centre d’Opération de L’information signala « une cible à 120 milles à l’Ouest de Los Angeles … parfaitement repérée au radar, par le 1er lieutenant Kenneth R Martin ». Toutes les batteries de canons de l’AA (Anti-Aircraft) furent placées en alerte à 02h15 et entre 02h21 et 02h32 furent rétrogradées en Alerte Verte, Statut 1. Cette cible entre 02h06 et 02h27 fut repérée (par les radars) à l’intérieur des trois milles de la zone de Los Angeles et à 02h21 le Contrôle Régional décréta le Black-out.

Les journaux de Los Angeles ne publièrent l’affaire que brièvement pendant les quelques jours suivants d’une manière pas trop flatteuse et celle-ci attira une attention considérable dans les quotidiens nationaux. Les citoyens de Los Angeles exercèrent une pression sur le Ministère de la Guerre par l’intermédiaire de leurs sénateurs et Membres du Congrès – particulièrement le Membre Du Congrès Leland Ford de Los Angeles, et les Ministères de la Guerre et le de la Marine s’engagèrent dans des récriminations mutuelles quant aux avions qui étaient en couverture au-dessus de la ville cette nuit là.

Selon le « Los Angeles Times », Le Ministre de la Guerre Stimson, croyait en la présence de quinze avions commerciaux au-dessus de la ville et que l’implication de l’armée était justifiée pour leur avoir tiré dessus. Le ministre de la Marine, Knox soutenait qu’il n’y avait eu aucun avion au-dessus de la ville et que l’AA avait eu un excès de nervosité explicable qui avait malheureusement abouti à un bombardement indirectement responsable de six morts et de dégâts considérables. Le « Times » déclara que ce n’était pas le moment de se quereller et désapprouva le Membre du Congrès Ford, qui demandait l’ouverture d’une enquête du Congrès; le « Times » estima que c’était aux autorités militaires de découvrir pourquoi un grand nombre d’obus n’avait pas explosé; et pourquoi le quart seulement du système d’alerte en cas d’attaque aérienne de la ville avait fonctionné et ce qui devait être fait, car seulement un sixième de la population de la ville aurait pu probablement se réfugier dans les abris antiaériens.

A partir de ce moment là les communications radio furent encombrées de rapports concernant des vols d’avions ennemis. À 02h43 l’Officier de tir annonça la présence d’avions non identifiés entre la « Seal Beach » et « Long Beach »; à 03h06 un ballon avec un flash rouge fut rapporté au-dessus de Santa Monica et les batteries B, C et D de la 65ème CA et B de la 205ème CA commencèrent à lui tirer dessus à 03h07 sur les ordres de l’Officier Commandant afin de le détruire.

Un total de 482 obus de 3″ furent tirés sur les avions ou le « dirigeable » sans résultat visible sauf le canon 3E3 qui annonça un avion en flamme. À 03h28 la Batterie G de la 78ème CA annonça 25 à 30 bombardiers lourds au-dessus de Douglas Plant. À 03h33 on a vu quinze 15 avions volant au-dessus d’Artesia et 581 obus de 3″ et 38 de 37mm furent tirés par les batteries B, C, D, G et H du 78ème et B, C et D de la 122ème avant qu’ils ne disparaissent en direction de la mer au-dessus de Long Beach.

À 0355 les batteries C et D du 65ème tirèrent 100 obus 3″ en direction d’un autre ballon au-dessus de Santa Monica. Dix minutes plus tard les batteries B, C et D du 78ème ouvrirent de nouveau le feu sur une autre cible au-dessus de « Long Beach » et tirèrent 246 obus de 3″ avant que la cible ne disparaisse en direction de la mer. À 4h03 la Batterie G du 78ème annonça 15 avions survolant « Douglas Plant » et six minutes plus tard, quinze (15) de plus ou peut-être le même vol, s’approchant à nouveau de « Douglas Plant »

À 04h13 cette batterie signala que quinze avions se trouvaient juste au-dessus de « Douglas Plant », mais trop hauts pour les canons de 37mm. À 04h55 le CARW annonça que le « Douglas Plant » à Long Beach, avait été bombardé, mais n’avait pas été touché.

À 06h12 la Marine déclara qu’un PRO avait signalé que plusieurs avions avaient été abattus au niveau de la 180ème et de Vermonth Street et que l’Officier de la batterie antiaérienne avait transmis les informations au Commandant de Tir.

À 06h45 le Commandant de Tir mis les AA (Anti-Aircraft- Canons anti-aériens) en Alerte Rouge #1, les avions des nations amies étant prévenus de quitter le secteur. Vers 07h15 il y avait encore trop de lumière pour les projecteurs et à 07h20 le Black-out fut levé; Hollywood, et c’est intéressant de le noter, fut éclairé comme un Arbre de Noël.

Vers 08h30, le Colonel Phillips, l’officier de liaison avec la Marine à San Diego signala que trois avions des Garde-côte volèrent toute la nuit en décrivant un ovale, à quarante milles du littoral au-dessus de l’océan entre Santa Barbara et Long Beach. Un de ces avions avait volé de San Pedro à San Juan Capistrano, atterrissant à 02h00.

À 09h40, le Colonel Phllips signala à nouveau à la Quatrième Armée de l’air qu’il avait été mal informé; et que les avions des Garde-côte n’avaient pas effectué le vol ovale prévu comme précédemment annoncé. Il ajouta plus tard que les avions du 11ème District de la Marine avaient décollé après 18h00 dans la soirée du 24.

Une enquête complète à la Brigade des Quartiers Généraux dura de midi jusqu’à 17h15 et révéla un certain nombre de témoignages intéressants mais très contradictoires. Quelques exemples d’observations sont listés ci-dessous :

1. La nuit était claire et noire avec juste une trace de brume en altitude.

2. Le Colonel Henry C. Davis, dirigeant et agissant en tant que Commandant de la 37ème Brigade, avait pensé pendant quelques minutes, avoir vu 10 ou15 avions au-dessus de Inglewood, mais bientôt signala que c’était de la fumée dans le ciel qui provenait des canons de l’AA. Maintenant Il ne croyait plus du tout aux avions.

3. Le lieutenant Buchanan a vu 20 à 30 avions au-dessus de la ville du toit de son hôtel. Il estima qu’ils étaient à 20.000 pieds volant à 150 mph (miles par heure). Trois gardes qui étaient avec lui les ont vus dans les projecteurs et ils pouvaient entendre leurs moteurs, mais ne pouvaient pas les voir avec leurs jumelles.

4. Plusieurs civils ont témoigné avoir vu 7 ou 8 avions très hauts dans le ciel, ressemblant à des oiseaux dans les faisceaux des projecteurs (peut-être que c’était en effet des oiseaux).

5. Le colonel Watson du 203ème CA à vu à 3h00 un ballon, mais découvrit que le laboratoire de météorologique avait lâché un ballon et donc avait ordonné aux unités de son commandement de ne pas ouvrir le feu. Il n’a vu aucun avion.

6. Le capitaine Molder du 203ème CA vit des lumières se réfléchissant sur un ballon météorologique à 03h00, les canons commencèrent à ouvrir le feu vers une altitude de 8 à 9000 pieds.

7. Le capitaine Cohen du 214ème CA identifia le ballon comme étant un ballon météorologique lorsqu’il fut éclairé par les projecteurs; deux SCH 268 ne l’ont pas détecté bien qu’ils l’aient cherché.

8. Le capitaine Bailey du 214ème CA chercha avec son SCR 268 à l’intersection des faisceaux des projecteurs, mais n’a rien obtenu.

9. Le lieutenant Gaines du CP en haut du cinquième étage d’un building à Anaheim et Daisy Streets ne repéra aucune cible avec ses jumelles à l’intersection des deux faisceaux ni avec son SCR 268.

10. Le sergent Bowman du 214ème vit à 03h10 cinq avions à l’œil nu du 310 San Diego Street; ils ressemblaient à des bombardiers à 30.000 pieds, volant en une formation qui se modifiait en forme de « T ». Il était certain qu’il les avait vu illuminés par 15 à 20 projecteurs et ils apparaissaient comme des avions le font toujours dans ces cas là.

11. Le lieutenant Milles au Sud Est de Los Angeles avec des lunettes a vu un « V » constitué de trois avions à 9000 pieds qui prirent deux caps différents (la plupart des observateurs ont vu deux vols.)

12. Le lieutenant Head de la 122ème Batterie a vu un « V » constitué de trois avions à 9000 pieds, mais son SCR 268 n’a rien détecté.

13. Le lieutenant Anderson du 78ème CA à Douglas Plant à Long Beach a vu un avion au travers son scope d’altitude, et aussi de ses jumelles (03h25); son détecteur d’altitude afficha 6.725 yards. Quelques minutes plus tard il vit un vol de trois avions grâce à ses jumelles à la même altitude.

14. Le lieutenant Bendixon du 122ème et deux de ses hommes comptèrent 14 avions volant haut et lentement.

15. Le Pvt Caylor de la Batterie B du 122ème vit un vol de cinq avions en forme de « V » et c’est alors que la batterie fit feu.

16. Le capitaine Hyde du 3ème CA (Défenses du Port) vit à 04h15 deux vols de 6 avions chacun. Le colonel Barshong du 265ème CA (Défenses de Port) vit une formation de trois avions.


Le général Fickel qui était à Los Angeles à ce moment là était présent lors de l’enquête effectuée au téléphone par le général DeWitt immédiatement après sa clôture. (17h15). Il annonça que les témoignages étaient très contradictoires avec plusieurs témoins qui affirmaient avoir vu plus de 50 avions. D’autres ont affirmé que des fusées de signalisation rouges avaient été tirées en chapelets de trois ou quatre. Un officier a témoigné disant qu’il avait parlé à un civil qui aurait vu certaines d’entre elles allumées dans un endroit discret et que depuis, le FBI enquêtait à son propos. Le général Fickel croyait que l’une des cibles était deux ballons météorologiques lancés par des unités de l’AA au-dessus d’Hollywood et que probablement 1 ou 5 avions avaient effectivement survolé Los Angeles de la partie Nord-Ouest de la ville vers les fusées de signalisation sur le côté Sud près de Downey.

Il avait trois théories possibles :

1. Un pilote civil était dans les airs et refusait de l’admettre.

2. Un pilote volait dans le secteur du Mexique ou de l’intérieur des Etats-Unis.

3. Des avions japonais lancés d’un sous-marin furent au-dessus de la ville. L’altitude annoncée de 20.000 pieds cependant, n’est pas adaptée à une telle théorie.

Une information intéressante sur ce troisième point fut que quand le Général Delos C. Emmons, CG du Ministère hawaïen, eu entendu parler de l’affaire à Los Angeles, il signala au Général Dewitt qu’un avion lancé par un sous-marin avait opéré le 23 février de la côte d’Ouest d’Oahu entre Niihau / une île au sud d’Aahu / et Honolulu. Il volait à environ 95 nœuds par heure et était resté hors de portée des canons, les intercepteurs l’ayant manqué.

Le général Goodman dans son rapport de la « Conférence » a récapitulé les leçons à tirer de l’affaire :

1. Les coordonnées des cibles auraient dû être fournies plus précisément après que l’ordre de faire feu fut donné afin d’éviter une utilisation excessive de munitions.

2. Une sur-illumination des cibles a perturbé le fonctionnement des projecteurs en groupant ensemble plusieurs cibles; les commandants de pelotons sont responsables d’avoir repéré des lumières qui se produisent dans de tels cas tant que la cible n’est pas correctement illuminée.

3. Un programme défini de lancement des ballons météorologiques devra être établi et en aucun cas ils ne devront être lancés quand l’artillerie est en alerte à un Statut Vert.

4. La responsabilité d’ouvrir le feu devra demeurer sous les ordres du Commandant de la batterie Antiaérienne – pas du Contrôleur.

5. Les fusées de signalisation ou des supposés signaux devront être rapportés par les commandants de groupe aux commandants des forces au sol uniquement; les Quartiers Généraux devront être informés seulement des cas inhabituels.

Une autre conclusion que fit le Général Dewitt le 22 mars aux Commandants Généraux des secteurs, des Zones de Communications et du Neuvième Corps :

« Il a été définitivement établi que le black-out et le tir antiaérien survenu à Los Angeles le matin du 25 février 1942, ont été causés par la présence d’un à cinq avions non identifiés. Bien qu’il soit possible que ces avions aient été catapultés par des sous-marins japonais, il est plus probable que ce fut des avions civils ou commerciaux, opérant avec des pilotes non autorisés. Il est ordonné que tous les moyens disponibles soient pris pour identifier les avions non autorisés, leurs pilotes, leurs terrains d’atterrissage et leurs localisations. Les agences gouvernementales et les Agences fédérales pourront être appelées à coopérer, mais la responsabilité primordiale d’élimination de cette menace reste l’Armée ».

Le Rapport de la 37ème Brigade une semaine plus tard (le 1 mars 1942) résumait toute la question en rendant compte que 1 à 15 avions hostiles ou non identifiés avaient été observés entre 02h15 et 04h15 sur Los Angeles; que les batteries des Groupes 2 et 3 avaient tiré 1401 obus de 3″ et 39 obus de 37mm; qu’aucun avion n’avait été abattu et qu’aucune bombe ne fut larguée.

Le chroniqueur Ernie Pyle en rajouta le 5 mars : il n’avait vu aucune cible, mais avait aimé la démonstration des projecteurs et des obus traçants ainsi que les faisceaux des projecteurs fixant immanquablement la cible à travers le ciel. La ville était très calme; le black-out n’était pas terminé..

L’auteur est incapable de résoudre la controverse des données disponibles mais la conversation téléphonique suivante entre le Général Dewitt et le Major Général A. D. Surles à Washington le 7 mars récapitule quelques points intéressants :

« Un à cinq, mais plus probablement trois avions apparurent au-dessus de Beverly Hills à une altitude d’environ 18.000 pieds, volant très lentement. Ils ont été « accrochés » par les projecteurs et allèrent jusqu’à Long Beach et ensuite se dirigèrent vers la mer. Nous savons au moins
Qu’ils ne sont pas venus du Mexique, j’en ai été assuré par le Général Gardenas, avec qui j’ai immédiatement communiqué,

– Qu’ils ne sont pas venus ni de Baja Californie, Sinaloa ou de Sonora. Il est catégorique dans les déclarations qu’il m’a fait.

– Nous savons qu’il n’y avait aucun avion de l’Armée aucun avion de la Marine, des Garde-côte et de l’aviation civile

– Nous vérifions toujours pour le Nevada et l’Arizona. Le FBI et les Gouverneurs des différents États, aussi bien que nos propres troupes. Mais je suis certain que l’on ne trouvera rien. Au moment du bombardement des derricks de pétrole et du dock à Elwood, un sous-marin disposant de deux canons, un en avant et un autre à l’arrière, est parvenu dans les 500 yards de la côte et fut aperçu, il faisait jour, juste au crépuscule, et toutes ses caractéristiques furent observées. Ce sous-marin, qui a un tonnage de 1955 tonnes, est inscrit dans le répertoire de la Marine sur les bateaux japonais comme transporteur d’un avion avec sa catapulte
.
Juste après le bombardement et après l’incident de Los Angeles j’ai envoyé un message radio aux QG et leur ai demandé de vérifier avec l’ONI (Office of Naval Intelligence – Service des Renseignements de la Marine) pour savoir si oui ou non le Ministère de la Marine avait des informations comme …
l’avion a-t-il décollé?
Le Ministère me répondit que non, et que le dernier renseignement émanant de la Marine signalait qu’il était resté sur le sous-marin …

Je crois que ces trois avions … furent lancés par des sous-marins quelque part près du rivage sous nos détecteurs … On m’a dit que cela pouvait se faire s’ils se trouvaient très près du rivage. La mer cette nuit là ressemblait à un miroir et la Marine m’a informé que des avions pouvaient avoir été lancés de sous-marins puis récupérés en raison du calme de l’eau … j’ai reçu peu de temps après cela un radiogramme du Général Emmons d’Hawaii m’indiquant qu’il avait entendu parler de cet incident de Los Angeles et « qu’ils » en avaient eu un semblable le 23 février … La question posée était pourquoi aucune interception n’avait été engagée. La raison était que nous n’avions pas beaucoup d’intercepteurs – nous avions 15 avions à trois endroits différents – un total de 45; si c’était une reconnaissance précédant un bombardier … nous ne voulions pas intercepter des appareils en l’air, puis n’avoir que la moitié du carburant quand l’attaque arriverait. Nous n’avons pas voulu prendre le risque.

Les intercepteurs furent mis en alerte, les pilotes étaient dans leurs appareils, les moteurs étaient chauds et les hélices tournaient, prêts à décoller pour parer à toute attaque qui aurait probablement suivi une reconnaissance … Les bombardiers furent mis en alerte, les moteurs en action, les équipages dans les avions, prêts à partir pour rechercher le sous-marin si l’attaque se déclenchait. C’est pour cette raison qu’aucun avion ne décolla. C’était une décision tactique excellente. Le général Fickel était présent à cet instant ainsi que le Colonel Murphy Officier Commandant les batteries anti-aériennes, et la décision fut prise par le Colonel Israel, que je pense bonne … « 

En tous les cas, le Général Dewitt félicita les unités AA de la 37ème Brigade pour leur vigilance, leur état de préparation et leur initiative durant l’affaire et ceci a été approuvé par les Généraux Gardner et Goodman. De la même manière les félicitations ont été adressées à la 4ème Unité d’Interception par les Généraux Fickel et Kepner. Le Brigadier Général Kepner, commandant la 4ème Unité d’Interception, le 14 mars, félicita à son tour le personnel du Commandement du 4ème AA pour « la manière efficace et exemplaire » dont ils avaient fait preuve et pour « cette opération exemplaire et efficace et du haut degré de préparation… pour avoir faire face à cette situation ». Il apparaissait donc que tous les commandants avaient l’air content, même s’ils n’étaient pas complètement satisfaits de la manière dont cette célèbre affaire avait été conduite.

 

TRADUCTION


L’ARMÉE ORDONNE UNE ALERTE RÉELLE

Le rugissement des canons provoque le black-out

L’identité de l’aéronef demeure un mystère; Aucune Bombe n’a été lâchée, et aucun appareil ennemi n’a été touché; Des civils signalent avoir vu des avions et des ballons

Eclipsant un tourbillon national de rumeurs et de rapports contradictoires, le Commandement de la Défense Occidentale de l’Armée a insisté pour que le black-out et l’action antiaérienne tôt ce matin à Los Angeles soient le résultat d’un avion non identifié aperçu au-dessus de la zone de la plage. Dans deux déclarations officielles, publiées, tandis que le Ministre de la Marine Knox à Washington attribue l’affaire à une fausse alerte et à « un excès de nervosité, » le commandement de San Francisco confirme et reconfirme la présence sur Southland, d’avions non identifiés. Relayée par le bureau du secteur de Californie du Sud à Pasadena, la deuxième déclaration précise: « L’aéronef qui a occasionné le black-out dans le secteur de Los Angeles pendant plusieurs heures ce matin n’a pas été identifié. » L’insistance des quartiers militaires officiels, sur le fait que l’alarme était réelle est venue de centaines de milliers d’habitants qui ont entendu et vu l’excitation et qui propageaient sans compter des histoires innombrables et variées de l’épisode. Le spectaculaire barrage antiaérien démarra après que le 14ème Commandement d’Interception ait ordonné le black-out électrique lorsqu’un étrange vaisseau fut détecté sur le littoral. Des projecteurs puissants provenant d’innombrables stations se sont élancés dans le ciel comme des doigts brillant tandis que les batteries antiaériennes pointillaient les cieux avec des beaux, mais si sinistres éclats oranges d’obus à shrapnel.
La ville sous le Black-out pendant des heures
La ville fut plongée dans le noir de 2h25 à 7h21 après qu’une alerte matinale de statut jaune à 7h18 fut annulée à 10h23. Le black-out fut effectif d’ici à la frontière mexicaine et à l’intérieur des terres jusqu’à San Joaquin Valley. Aucune bombe ne fut lâchée et aucun avion abattu et, miraculeusement, vu les tonnes de projectiles lancés, deux personnes seulement furent blessées par la chute de fragments d’obus. Des milliers d’habitants de Southland, dont beaucoup d’entre eux étaient restés sur le lieu de travail à cause des embouteillages durant le black-out, se frottaient hier les yeux d’un air endormi et reconnaissaient qu’indépendamment de la question de la « réalité » de l’alerte de l’attaque aérienne, ce fut un grand spectacle « valant bien une perte de sommeil de quelques heures. » Le black-out ne fut pas sans pertes humaines cependant. Un soldat de la Garde Nationale est mort d’une crise cardiaque en conduisant un camion de munitions, un arrêt cardiaque a provoqué la mort d’un surveillant aérien en service, une femme a été tuée dans une collision entre un camion et une voiture à Arcadia, et un policier de Long Beach a été tué dans un accident de la circulation alors qu’il allait prendre son service. Un grand nombre de tirs semblaient venir du voisinage des usines d’aviations le long du secteur côtier de Santa Monica, à Inglewood, au Sud-ouest de Los Angeles et de Long Beach.

La photographie accompagnant l’article montrerait-elle un objet de forme « lenticulaire », éclairé par les projecteurs, et pris pour cible des obus de la DCA ?

 

source du texte: http://photovni.free.fr/f.o.i.a%2060/battle%20of%20LA.htm

vidéo archives: http://www.dailymotion.com/video/x21lsz_the-battle-of-los-angeles_tech

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